La guerre marketing




 Boeing et Airbus s'opposent également sur leur communication 
Boeing et Airbus s'opposent également sur leur communication
 On peut penser, et pas forcément à tort, qu'Airbus et Boeing se livrent une guerre marketing. Mais ils n'en sont pas toujours forcément les acteurs, tant les enjeux sont importants.

Il est clait qu'un avion comme l'A380 est un argument commercial en faveur d'une compagnie, et les publicités vantant les mérites des Emirates et autres Singapour Airlines sont nombreuses. Le lancement fin juin 2009 des premieres liaisons régulières d'A380 depuis la France ont ainsi fait la une des journaux.
Mais l'actualisté peut aussi se retourner contre les constructeurs : le crash de l'A340 d'Air France qui devait relier Rio à Paris au début du même mois ont mis en doute la fiabilité de cet avion, et Airbus peinera sans doute longtemps à prouver l'excellence de son avion.

Cette guerre commerciale est donc subie autant que voulue.
La guerre marketing - le thème de l'emploi

GW Bush pendant sa campagne présidentielleCe thème revient de manière récurrente, surtout aux Etats-Unis où il est même utilisé par les hommes politiques (et pas les moindres) pour plaider en faveur de l'achat d'avions "made in USA".

En aout 2004, lors de la campagne pour la Maison Blanche, le président Bush tient un discours devant les employés de Boeing à Philadelphie. Il fustige alors la concurrence déloyale mise en place par Airbus, et il s'élève contre "les subventions européennes accordées à Airbus, au détriment de l’emploi aux Etats-Unis".
 Ted Austel, le vice-président de Boeing au moment de son discours, a ainsi également déclaré :
"Sur la période 2001-2005, Boeing a perdu 20% de parts de marché et a dû licencier des dizaines de milliers de salariés.".
Tout est bon pour inciter les compagnies au patriotisme économique, et la sauvegarde des emplois US est un argument mis en avant par les défenseurs du projet de fabrication de l'avion de ravitaillement militaire de Boeing (voir la rubrique à ce sujet dans les contentieux).
La guerre marketing - les rumeurs

Les rumeurs et les "on dit" ont également leur place dans le monde de l'aviation.

Afin de freiner le développement de son concurrent, tout est permis, de la mise en avant de la gêne occasionnée par un appareil jusqu'au doute sur la sécurité des voyageurs ...

Par exemple, un avion aussi grand que l'A380 crée des "turbulences de sillage" dans l'air, comme les remous visibles derrière un bateau de déplaçant dans l'eau.

En 2007, Boeing avait publiquement estimé que l'A380 génèrerait beaucoup plus de turbulences de sillage que son B-747. L'importance de ces turbulences conditionnant la distance et donc la cadence à laquelle deux avions peuvent se suivre dans un même couloir à l'atterrissage ou au décollage, la prise en compte de ce facteur est capital pour les aéroports les plus fréquentés d'où devait opérer l'avion.
On voit dans les nuages les turbulences générées par un petit Cessna Citation VI.
 On voit dans les nuages les turbulences générées par un petit Cessna Citation VI. Plus les turbulences sont fortes, plus les délais entre le passage de deux avions doivent être élevés.


Forte de ces avis, l'administration fédérale américaine de l'aviation (FAA) a d'abord imposé pour les essais en vol de l'A380 des distances de sécurité très importantes.
Après les nombreux tests effectués par Airbus, ces distances ont été considérablement réduites, car les turbulences étaient finalement conformes aux prévisions.
La mise en service commerciale de l'appareil s'est faite sans aucun problème particulier concernant les turbulences.
Faire circuler des rumeurs n'est pas une nouveauté aux USA. A la grande époque du Concorde, lorsque la France et la Grande-Bretagne ont tenté de vendre leur avion à l'export, le bruit généré par l'avion a été une raison de son interdiction aux USA, et aucune compagnie étrangère n'en a acheté, entre autres raisons de peur de ne pouvoir se poser sur le sol américain, destination indispensable à la rentabilisation d'un avion si cher à exploiter (surtout à ce moment qui correspondait au 1er choc pétrolier).
Test pour vérifier les turbulences générées par le passage d'un avion
                   Test réalisés en chambre pour vérifier les turbulences générées par le passage d'un avion.

Guerre Marketing - Les crash aériens

Tout est bon pour vendre ses avions ...

Lors d'événements aussi dramatiques que les crash aériens, les compagnies se doivent de prouver que leurs avions restent très surs.

Les commissions d'enquête integrent donc des analystes issus des constructeurs chargés de faire une contre-enquête destinée à prouver que le crash n'est pas du à une défaillance de série de l'avion.
Les crash sont un mauvais coup de pub pour les compagnies et les constructeurs ... 
Les crash sont un mauvais coup de pub pour les compagnies et les constructeurs ...


La société qui a construit l'avion s'étant crashé subit alors un gros coup de pub défavorable dont l'effet négatif est parfois plus ou moins orchestré par son rival qui fournit des informations et des estimations à la presse ...

Lorsqu'un journaliste qui n'y connait pas grand chose tente de reconstituer un accident, les experts qui l'aident à rédiger son article peuvent aisément orienter son contenu en faveur d'une thèse plutôt qu'une autre.

Pourtant, si vous prenez un taxi et que vous avez un accident, ce ne sera pas forcément le constructeur de la voiture qui sera en cause. Ca pourra être le chauffeur, ou alors l'entretien est mal fait et les freins ont laché ... 

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