Evolution





Les deux avioneurs, n'ayant pas la même expérience et les mêmes acquis, n'ont forcément pas besoin de proposer la même quantité de nouveautés. En 1972, lorsqu'Airbus lance son permier appareil, l'A300, Boeing possède déjà toute la gamme des avions de lignes, du B737 monocouloir jusqu'au B747 à deux étages. Il est donc intéressant d'étudier et comparer les lancements de nouveaux avions à partir de 1972.

Evolution des gammes jusqu'à l'an 2000

1972 : Airbus lance l'A300 (son nom vient du fait qu'il peut transporter 300 passagers). C'est le premier appareil à large fuselage qui ne comporte que deux moteurs, et c'est une révolution ! L'avion coûte du coup beaucoup moins cher à l'achat et à l'entretien. 850 exemplaires seront vendus jusqu'en 2007, toutes versions confondues.
  1982 : Airbus lance l'A310. C'est un dérivé de l'A300 qui apporte de nouvelles réponses et étend la gamme Airbus.
 1988 : Lancement de l'A320, appareil révolutionnaire, il est monocouloir biréacteur moyen courrier au fuselage plus étroit, il est donc destiné à entrer sur le marché du Boeing 737, l'avion le plus vendu de Boeing ! Pari risqué !
Et les ventes sont au rendez-vous, l'avion égalant son concurrent et étant dérivé en A318, A319, A320 et A320. Au 1er janvier 2007, plus de 3000 exemplaires avaient été livrés.


 L'A319, dérivé de l'A320 et grand succès commercial
 L'A319, dérivé de l'A320 et grand succès commercial

Au début des années 90, Airbus lance les A330 et A340, deux longs courriers à large fuselage (comme l'A300 et l'A310) ayant beaucoup d'éléments communs (l'A340 est une version à 4 moteurs de l'A330 qui n'en a que 2).
Cet avion est peut-être une des plus belles réussites de l'aviation civile moderne.
A la fin des années 90, Airbus lance la conception d'un avion lourd, l'A3XX, destiné à concurrencer le Boeing 747, seul avion civil grosporteur. L'A3XX sera rebaptisé A380 par la suite.
Comme on le voit, même si Boeing a modernisé sa flotte, la compagnie américaine n'a pas sorti un seul nouvel avion. Pas de rupture technologique majeure, rien pour empêcher la montée progressive d'Airbus.
Il faut également savoir qu'en sortant toujours plus d'avions, Airbus a malgré tout su garder une gamme très homogène, avec par exemple des postes de pilotages très similaires. Un pilote d'Airbus peut ainsi très facilement passer d'un appareil à un autre, sans suivre de formation très couteuse pour les compagnies. Les simulateurs de vols peuvent également être limités, et la maintenance très facilitée.
Une compagnie qui achète des Airbus continue ainsi en général à la faire.


Le pari d'Airbus

La mise au point d'un super jumbo, énorme avion capable de transporter de très grandes quantités de personnes sur de longues distance, correspond à une logique.
Airbus pense qu'une tendance lourde va s'opérer : la domination des hubs.
Les "Hubs" sont des carrefours aéropotruaires géants, qui sont les portes d'entrée et de sortie des pays. Si l'on prend l'exemple de la France, l'immense majorité des vols internationaux à longue distance se font depuis et vers Paris.
Ce système a fait le réussite d'Air France qui utilise l'aéroport Charles de Gaulle comme hub

. Les Hubs, solution pour Airbus
La vision d'un Hub, aéroport au centre de la stratégie A380 d'Airbus


 Le principe du hub veut que les aéroports des villes de moyenne importance soent reliées à un aéroport plus grand, et que c'est depuis ce dernier que partent les gros avions à très long rayon d'acion, comme l'A380 ou le B747.
Bien que ce raisonnement soit viable économiquement, la plupart des passagers préfèrent prendre des vols directs plutot que d'avoir des correspondances.
Il faut également souligner que l'utilisation de très gros avions permet des économies d'échelle pour les compagnies et les aéroports, et permettrait également de désengorger des lignes aériennes saturées.


Le constat de Boeing

Alors qu'Airbus s'est lancé dans la course au gigantisme avec son A380, Boeing fait un constat inverse.
Le nombre de liaisons directes entre aéroports distants a plus que doublié en 20 ans, et les passagers préferent les vols directs aux correspondance.
Contrairement à Airbus qui s'est donc lancé dans la conception d'un géant des airs permettant des économies d'échelle importantes, Boeing lance la conception d'un avion au rendement énergétique plus de 20% supérieur à celui de tous les autres, et économique par l'utilisation massive de matériaux composites et son allégement.
 Le B787 DreamLiner, futur de l'aviation selon Boeing. 

Le B787 DreamLiner, futur de l'aviation selon Boeing.

Cet avion sera baptisé le Boeing 787 dreamliner, et représentera dès la présentationde son projet une grande réussite commerciale.
L'avion enregistre en effet le meilleur lancement de l'histoire de l'aviation civile, alors même qu'il n'a pas encore effecté son premier vol.  

Evolution des gammes après l'an 2000

Boeing, voyant qu'Airbus gagne toujours plus de parts de marchés et propose une variété d'avion de plus en plus étoffée, se doit de réagir.
Comme vu sur la page précédente, Boeing lance donc en avril 2004 la conception du B787 DreamLiner, un avion aux technologies révolutionnaires, faisant massivement appel aux matériaux composites. Cet avion se place sur la gamme des longs et très longs courriers. L'avion est un immense succès, et représente le meilleur lancement de tous les temps.
En mai 2004 (un mois plus tard, on voit que Boeing a fait de son mieux pour donner le change), Airbus présente et fait voler pour la première fois son A380.
En Fevrier 2005, Boeing lance la conception du B777-200LR WorldLiner.


Le B787, source d'espoirs et de problèmes pour Boeing
Le B787, source d'espoir et de problèmes pour Boeing.

L'avion se veut moderne et novateur. Son toit en est un exemple :
L'avion se veut moderne et novateur. Son toit en est un exemple. 

En Novembre 2005, Boeing lance la conception du B747advanced, une version améliorée et allongée de son B747 qui se trouve menacé par la montée en puissance de l'A380
En juillet 2006, pour ne pas laisser Boeing prendre trop d'avance avec son B787, Airbus décide de mettre au point l'A350 XWB (eXtra Wide Body), qui propose les mêmes ruptures technologiques que son concurrent américain.
Ce programme, estimé à 8 Md€, est censé prendre 50% du marché de ce type d'appareil.
On voit bien qu'après s'être fait rattraper, puis distancé, par Airbus dans quasiment toutes les gammes d'avions, Boeing se remet en marche et recommence à concevoir des avions novateurs. Le problème est de savoir dans quelle mesure ces avions apportent de réelles nouveautés et ne se contentent pas d'égaler leur équivalent Airbus déja présent sur le marché ...

Atterrissage de l'A380 à Vancouver  Atterrissage de l'A380 à Vancouver

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